8 Mars 2001
En ce début de troisième millénaire, les femmes décident de rompre avec l'ordre existant depuis des siècles : l'état de conflit permanent favorisant la misère et les violences dont sont victimes majoritairement les femmes et les enfants.
Le rapport 2001 du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance, (l'UNICEF) fait le bilan des conflits des dix dernières années : 2 millions d'enfants massacrés, 6 millions gravement blessés ou handicapés, 12 millions restés sans abri.
Elles exigent de prendre part à parité à toutes les décisions et négociations dans les processus et traités de paix, dans l'étude et le vote des politiques de défense nationale et européenne, et elles se réjouissent de l'adoption à l'unanimité par le Conseil de Sécurité de l'ONU le 31 octobre 2000 de la résolution 1325 affirmant sans équivoque la volonté d'impliquer les femmes comme actrices civiles de la sécurité internationale.
Elles veulent rompre avec la culture de guerre, culture millénaire de puissance, de domination, de victoires, symboles archaïques de gloire, de prestige et de richesses. Elles refusent la dure loi de la guerre et son cortège d'horreurs et de souffrances ; elles savent que voir revenir sains et saufs leurs fils, leurs hommes aimés en pensant qu'ils oublieront avec le temps n'est pas vrai. La facture à payer est infiniment plus lourde et n'est jamais finie de payer.
Le 20ème siècle a vu éclore d'innombrables luttes de femmes exigeant de trouver une issue aux conflits par la négociation.
Le courage des femmes algériennes dans leur combat pour la conquête de leurs droits est un message d'espoir pour toutes les femmes à travers le monde
Depuis les années 80 des rassemblements silencieux de femmes en noir, réseau international de femmes opposées à la guerre et à l'injustice, au militarisme et à la violence, ont lieu régulièrement dans de nombreuses capitales, à Londres, à Belgrade, à Jérusalem. Ces femmes habillées en noir expriment ainsi leur révolte devant toutes les menaces d'agression militaire ou économique.
Les voix des femmes israéliennes s'élevant ces derniers mois avec force et refusant l'inéluctabilité de la guerre sont sans appel :
"laissons parler les femmes,.là où les hommes ont échoué .il y a trop d'hommes avec trop d'ego impliqués dans la destruction de notre terre. Ils parlent de pouvoir, de force, de sécurité .Nous savons que notre sécurité, c'est de vivre en bon voisinage. »
Les femmes disent non aux voix fatalistes claironnant qu'il y aura toujours des guerres, des violences, de la misère, comme elles l'ont dit lors de la Marche Mondiale des femmes en l'an 2000.
Vivre ensemble sans peur de l'Autre, voir grandir ses enfants sans la douleur de les voir tués dans un bombardement ou de les voir sauter sur une mine placée là depuis des années, pouvoir les nourrir, les soigner, les éduquer, les voir devenir adultes sans l'angoisse de les voir partir à la guerre pour être tués, blessés, mutilés, malades, démolis psychologiquement.